Il y le "Nadal du mois de janvier" et celui du"mois de juin". Celui du mois de septembre ressemble davantage au "Nadal du premier mois de l'année". On aurait pu croire après son formidable doublé Roland Garros/Wimbledon qu'il allait imiter Roger Federer et réaliser lui aussi un petit chelem. Mais la surface new yorkaise est plus «neutre » que le gazon ou la terre battue. Le lift agressif est moins contraignant pour l'adversaire. Tout est relatif. Seul Andy Murray qui est un des joueurs qui a le plus progressé en 2008 a su « mater » le nouveau numéro un mondial. Un match serré en 4 sets où l'on a pu admirer l'intelligence tactique de l'Ecossais doublée d'une présence physique et athlétique. Il y a du « Mecir » avec la puissance en plus chez Murray. Un parcours sans trop d'embûches pour le nouveau numéro 4 mondial qui n'a laisse que deux sets à ses adversaires avant d'affronter Rafael Nadal. Celui ci évolue un niveau en dessous que d'ordinaire. Le Majorquin parvient à remporter le 3 ème set. Mais les ressorts sont cassés. Andy Murray, très concentré, se qualifie pour sa première finale de grand chelem.
Un seul francais arrive en seconde semaine. Gaël Monfils qui profite de la méforme de David Nalbandian. Il cale physiquement face à un excellent Mardy Fish. Jo Wilfried Tsonga et Gilles Simon gagnent deux matchs. Jo Wilfried est convaincant face à Carlos Moya (victoire en 4 sets) mais subit le "métronome" Robredo. Gilles passe tout près de la victoire sur Juan Martin Del Potro et s'incline 6/3 au 5 ème set. Il offre ce jour là au public présent le plus beau match de la quinzaine. Une déception pour Richard Gasquet qui perd d'entrée face au toujours très bon Tommy Haas.
C'est le Luxembourgeois Gilles Muller qui joue le rôle de l'invite surprise en atteignant les quarts de finale avec deux « perfs » sur Tommy Haas et Nicolai Davydenko. L'obstacle Federer s'avère infranchissable. Le quadruple tenant du titre connaît une frayeur en 1/8 de finale face à Igor Andreev et son lift bondissant. Ce sera la seule alerte que connaîtra le Suisse tout au long du tournoi. Même Novak Djokovic se trouve impuissant et on le découvre quelque peu las en cette fin de saison. A l'instar de Rafael Nadal face à Andy Murray, « Nole » semble disputer le match de trop.
La finale est une affaire de champion. Comme à Wimbledon en 2007, Roger Federer dispute sa 5 ème finale d'affilée sur le central Arthur Ashe. Il est plus frais que son adversaire qui a du finir la fin de sa demi-finale la veille en raison d'une météo capricieuse. Roger Federer breake dès le 6 ème jeu et empoche facilement la 1 ere manche 6/2. Le second set est plus équilibre. Le challenger est "rentre dans le match". Il cède néanmoins sa mise en jeu mais la récupère juste après. La fin du set est tendue. Les joueurs font preuve d'approximations. Andy Murray auteur de 20 aces face à Rafael Nadal semble en panne au service. Et au moment clé, à 6/5 service Murray, Roger Federer fait l'effort d'avancer et agresse l'écossais sur sa seconde balle. Il conclut la manche au filet. Le 3 ème set est une formalité. Le Suisse se détache rapidement 5/0. Malgré un sursaut du britannique qui revient à 5/2, Roger Federer boucle la partie en un peu plus de de 2 heures : 6/2 7/5 6/2.