Même sans jouer pendant près d'une semaine, le Suisse Roger Federer a survolé à nouveau le tournoi londonien. Aucun véritable obstacle rencontré pendant la quinzaine et cette capacité à conserver un haut niveau de concentration sur les points cruciaux. Seul Rafael Nadal a poussé le numéro un mondial dans ses dernier retranchement. Notamment au début du 5ème set où le quadruple tenant du titre s'est superbement invectivé après un coup droit gagnant ponctuant un fantastique rallye.
Une des finales les plus spectaculaires et intenses de ces cinq dernières années. Sans revivre les moments mythiques du tie break Mac Enroe/Borg de 1980, les deux meilleurs joueurs du monde ont faire preuve tour à tour d'engagement physique et de determination. Roger Federer rejoint Bjorn Borg en terme de palmarès à Wimbledon mais réalise un exploit jamais réalisé dans l'ère Open : Remporter au moins deux tournois majeurs sur quatre années consécutives.
On a peine à imaginer le joueur capable de battre Roger Federer sur gazon. Les serveurs volleyeurs ont jusqu'à présent manqué de tranchant (Mario Ancic et Tim Henman se sont revelés trop tendres). Quant aux specialistes de fond court et/ou excellents serveurs, ils semblent accepter "trop ?" rapidement la superiorité du Suisse. Le rebond moins fusant que dans les années 80 et 90 offre des plans de frappe "à niveau", c'est à dire entre l'épaule et la hanche. Ce qui enlève le côte spécifique de la surface et favorise l'empereur Federer et sa formidable vitesse d'éxécution.