Le gazon
Sur gazon, le rebond « n'existe pas », la balle fuse et s'accélère notamment sur les effets coupés, « kickés ». L'intérêt sur cette surface est de prendre le filet avant l'adversaire en pratiquant le « service volée». En effet, le relanceur est en difficulté dès son premier retour car une volée « standard », sur gazon abrège le point tandis que sur une autre surface (le rebond étant plus élevé) le défenseur peut être en mesure de jouer un passing. C'est la raison pour laquelle, 95 % des joueurs qui gagnent Wimbledon pratiquent l'enchaînement vers le filet. En raison de sa particularité, le gazon nécessite du joueur une « qualité extrème » ; c'est-à-dire, soit un grand jeu de service volée, soit un retour exceptionnel (Connors, Borg, Agassi, Hewit). La qualité extrême est en quelque sorte un point fort exacerbé indispensable pour triompher sur une surface « spéciale ». L'herbe nécessite également de grandes qualités de concentration (pas à cause de la durée des échanges qui sont brefs) car pour prendre un exemple, les balles de break sont plus difficiles à concrétiser.
Le relanceur n'a pas la possibilité d'entamer un échange mais seulement le choix de bien retourner (dans le plupart des cas, le serveur venant au filet dans la foulée de son service) et un petit « saut de concentration » annule l'opportunité de prendre l'engagement adverse. Pour conclure, le joueur se doit d'être résistant, les courses vers le filet demandent une vitesse de démarrage, une réactivité supérieure à celles requises dans les autres tournois.
Lleton Hewit, André Agassi, Jimmy Connors et Bjorn Borg, les quatre « intrus » disposent ou disposaient d'une grand retour et de cette qualité extrêmes : une concentration sans faille.
La terre battue
Sur terre battue, la balle rebondit plus haut que sur les autres surfaces (quelque soit l'effet donné à la balle). Pour prendre d'emblée une comparaison avec le gazon : elle est sont contraire : le but du jeux est de maintenir l'adversaire en fond de court avec des grands coups liftés puis éventuellement de monter au filet lorsque la balle est courte, la terre amplifie les effets.
Le lift « gicle » à la figure du joueur, la balle est très difficilement « maîtrisable », le slice génère un rebond « vertical » dans la mesure où la balle a tendance à stagner, voire à effectuer un retour en arrière. Sur terre, un coup à plat a une trajectoire plus élevée que sur des surfaces rapides ou dîtes « intermédiaires ».
Lors d'une montée au filet le passeur est dans une situation plus confortable que sur gazon pour armer un passing shot car la balle va moins vite et se joue plus « à niveau ». C'est ce qui explique que 99 % des joueurs qui gagnent à Rolland Garros sont des joueurs type « fond de court ». A l'instar de l'herbe la « terre » nécessite du joueur une qualité extrême : un grand lift comme Bjorn Borg, Mats Wilander, Sergi Brugera, un puissant jeu de gond de court (Ivan Lendl, Yourgeny Kafelnikov, Gustavo Kuerten, André Agassi).
Résumé
La concentration est différente de celle nécessaire sur gazon car elle se fait sur la durée, elle n'est pas instantanée. Il s'agit de pouvoir frapper la balle un grand nombre de fois en conservant une agressivité et une longueur de balle suffisante : il faut être résistant sur gazon et endurant sur terre battue.
Borg et Agassi ont su allier ces impératifs. Cependant,, nombre de leurs illustres collègues se sont cassés les dents sur l'une ou l'autre de ces surfaces, quelles étaient leurs limites ? |